ARBITRAGE GUINÉEN : AUTRE BÉMOL DU FOOT LOCAL

Il faut avoir le courage de le dire: l’arbitrage guinéen ressemble parfois à cette vieille soupape qui siffle plus qu’elle ne régule, un rouage bancal qui menace d’étouffer le moteur déjà fragile de notre football.

Autant certains clubs s’évertuent à calmer les ardeurs, à discipliner leurs supporters, à investir dans la performance ; autant quelques hommes en noir semblent n’en faire qu’à leur tête, guidés par des intérêts qui n’ont rien à voir avec l’esprit du jeu. Et le plus inquiétant dans tout cela ? Cette impression tenace que cela ne surprend plus personne.

Lorsque l’ancien patron des arbitres, Aboubacar “Mario” Bangoura, a rompu le silence pour dénoncer les influences, les pressions et les interférences qui orienteraient certains résultats, on s’attendait à un séisme. Enquête ? Audit ? Mise au point officielle ? Que nenni. Tout est passé comme une lettre à la poste. Un silence assourdissant, presque complice. Pourtant, le diagnostic est clair. L’arbitrage guinéen est malade, et encore plus grave, personne ne semble pressé de le soigner.

Les preuves sont là. Depuis les années Mario Bangoura, Aboubacar Doumbouya, Sidiki Sidibé, combien d’arbitres guinéens ont foulé les pelouses d’une CAN ? Une poignée à peine. Certes, quelques noms brillent encore en coupes interclubs et éliminatoires:  Younoussa Tawel Camara, Mamadi Tèrè, Naby Laye Touré, Abdoulaye Manet et d’autres, mais la présence guinéenne sur les grandes scènes reste aussi rare.

Aujourd’hui, à peine la 6ᵉ journée de Ligue 1 disputée, certains clubs grognent déjà, pointant du doigt des décisions pour le moins… inspirées. C’est maintenant qu’il faut agir, avant que la frustration ne devienne la norme, avant que le doute ne s’installe définitivement dans la tête des joueurs et des supporters. Car les arbitres ne sont pas des sorciers maléfiques. Ils sont faillibles, certes, mais perfectibles. À condition que les décideurs leur donnent les moyens d’être meilleurs :

  • Formation moderne,
  •  Introduction progressive des technologies adaptées à notre contexte,
  •  Meilleures primes pour éviter les tentations,
  • Protection institutionnelle face aux pressions.

Le football se joue sur le terrain, pas dans les bureaux ni dans le regard variable d’un arbitre débordé. Si un club doit perdre un titre, se maintenir, être relégué, cela doit résulter du jeu, de la sueur, des efforts pas de l’humeur d’un individu ou du caprice d’un décideur dans l’ombre.

Il est temps de remettre de l’ordre, de restaurer la confiance et de protéger le jeu. Parce qu’au fond, personne ne regarde un match pour assister à un show arbitral. Le football est une fête. L’arbitre, lui, n’est censé être que l’agent discret chargé d’empêcher que la fête ne tourne au fiasco. Une vérité qui finira bien, tôt ou tard, par siffler son propre coup d’envoi.

Source : BafilaNews.com